L’Harmonie
céleste du Tarot
Le jeu des Tarots est fondé
sur 56 cartes numérales dites « italiennes », mais
en fait d’origine arabe (« coppe », « denari
», « bastoni » et « spade ») et de 22
cartes connues en tant que Triomphes introduites au début du
XVe siècle en Italie. (Les Triomphes seront nommés aussi
Atouts dans le Tarot à Jouer et, ultérieurement, arcanes
majeurs pour les ésotéristes)
Ce jeu dérive des
« Triomphi » de Pétrarque (d'où «
Triomphe » de l'italien « Trionfi ») qui, dans cette
œuvre, décrit les principales forces qui gouvernent les
hommes en assignant à chacune d'entre elles une valeur hiérarchique.
En premier lieu vient l’Amour (l’Instinct) que maîtrise
la Modestie (la Raison). Puis la Mort, dont vient à bout la
Renommée, elle-même attaquée par le Temps, L'Eternité
ou Dieu - qui triomphe sur toutes les autres.
Dans les jeux des cartes
des Tarots, les Triomphes étaient d'abord au nombre de 6 puis
de 22, nombre dont la signification mystique selon la numérologie
chrétienne, représente l'introduction à la sagesse
et les enseignements divins gravés en l'homme.
La théologie médiévale
attribue à l’univers un ordre précis, constitué
d’un escalier symbolique qui va de la Terre jusqu'au Ciel :
du haut de cet escalier, Dieu, la Cause Première, gouverne
le monde, sans toutefois intervenir directement mais en opérant
ex gradibus, à savoir par le biais de toute une série
ininterrompue d’intermédiaires. C'est ainsi que Sa puissance
divine est transmise aux créatures inférieures, - et
ce, jusqu’au mendiant le plus humble. En revanche,si nous lisons
cette 'symbologie' depuis l'En-Bas jusqu'à l'En-Haut, il nous
est enseigné que l’homme peut graduellement s'élever
dans l’ordre spirituel en gravissant les cimes du « bonum
», du « verum » et du « nobile », et
que la science et les vertus le rapprochent de Dieu.
D'après la première
liste de Tarots connue, du début du XVIe siècle, il
est évident qu'il s'agissait d'un jeu éthique.
Le Bagatto (Bateleur) représente
un homme ordinaire auquel ont été donnés des
guides temporels, l’Impératrice et l’Empereur,
et des guides spirituels, le Pape et la Papesse (la Foi).
Les instincts humains doivent
être tempérés par les Vertus : l’Amour par
la Tempérance, le désir de puissance (le Char Triomphal),
par la Force. La Roue de la Fortune enseigne que le succès
est éphémère et que même les puissants
sont destinés à devenir poussière.
Ainsi l’Hermite,
qui vient avant la Roue, représente le Temps auquel chaque
être doit se soumettre tandis que le Pendu avertit du danger
de céder à la tentation et au péché avant
l'arrivée de la Mort physique .
Même la vie après
la mort est représentée selon la conception propre au
Moyen Âge : l’Enfer, et partant, le Diable, sont placés
au centre de la Terre tandis que les sphères célestes
sont au-dessus de la Terre.
Conformément à
la vision aristotélicienne du cosmos, la sphère terrestre
est entourée des « feux célestes », représentés,
dans les Tarots, par la foudre qui tombe sur une tour. Les sphères
planétaires sont 'synthétisées' en trois planètes
principales: Vénus, l’étoile prééminente,
la Lune et le Soleil.
L'étoile la plus
haute est l’Empyrée où siègent les Anges
qui, lors du Jugement dernier, seront chargés de réveiller
les Morts dans leurs tombes - quand la Justice divine triomphera pesant
les âmes pour séparer les bons des méchants.
Au-sommet de tout cet agencement
se trouve le Monde, à savoir Dieu le Père, ainsi que
l’a écrit un moine anonyme qui commenta les Tarots à
la fin du XVe siècle.
Ce même auteur place
le Fol après le Monde comme s’il s’agissait d’indiquer
qu’il est étranger à toutes les règles
et à tous les enseignements.
Au cours du XVe siècle,
le jeu de Tarot était connu comme « Ludus Triomphorum
», et ce n’est qu’au début du XVIe siècle
qu’a fait son apparition le terme « Tarocchi »,
ou Tarots.
L’origine
de ce nouveau mot est encore sujet à controverses de nos jours...
D’aucuns pensent qu’il vient de l’Arabe signifiant
« Tariqa », à savoir La Voie de la Connaissance
Mystique, ayant pour source d’inspiration ‘Tara’,
la déesse du Savoir (la ‘Tara Verte’ représente
la déesse du Savoir Suprême dans le Bouddhisme Tibétain).
D’autres y voient un rapport possible avec la technique ‘Taroccato’
en usage dans les cours du Nord de l’Italie, utilisée
pour décorer des manuscrits enluminés avec un poinçon,
tandis que certains considèrent encore que le mot « tarocco
» proviendrait du dialecte ‘tarocar’ qui signifie
« faire des choses folles ou insensées » à
l’occasion de paris lors de jeux de hasard. D'autres encore
y voient une anagramme du mot « rota », la roue, voulant
dire par là que le tarot, comme l'univers, est un éternel
recommencement, un peu comme le cycle de la nature : naissance, croissance,déclin
et mort (l'Encyclopédie du Tarot, R.Kaplan).
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(Page consultée le octobre 21, 2009).
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